Où une restauration fait des merveilles...

Dans un précédent article des Trésors du patrimoine (en lecture ici), nous vous présentions deux documents parmi les plus précieux de la bibliothèque : des fragments de papyrus latins datant de 999 et de 1052.

Comme nous vous l'annoncions alors, ils ont tous deux été restaurés par les mains expertes d'Aurélia Streri, à Lyon.

 Avant traitement

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Après traitement

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Le conditionnement des papyrus présentait des dangers de dégradations des fibres et pigments des documents. Ceux-ci étaient punaisés sur un cadre en bois sous film plastique et collés sur un support cartonné.

Les papyrus ont été démontés du cadre et leur film plastique a été retiré à l’aide d’un scalpel. Ils ont fait l'objet d'un traitement à sec avant d'être dépoussiérés recto verso à l’aide de pinceaux doux. Le nettoyage a été effectué avec un mélange d'eau et d’éthanol afin d’atténuer les taches brunes très marquées qui gênaient la lisibilité. Le résultat a dépassé les attentes puisque les tâches en question, qui auraient pu provenir d'anciennes moisissures et qui auraient alors été indélébiles, étaient en fait visiblement de la terre, ce qui se nettoie très bien ! Le support cartonné et les résidus de colle ont été supprimés à l’aide de gels.

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 État du fragment de la bulle de Léon IX (1052) durant son traitement : à gauche, le papyrus n'a pas encore été traité, à droite, il est en cours de nettoyage.

 

 

 

Désordonnées et endommagées, les fibres des papyrus nécessitaient un traitement spécial. Celui-ci a consisté à placer les papyrus sous chambre humide en bois de cèdre avec une humidité relative à 85%. Le dépliage et le replacement des fibres au bon endroit s’est effectué dans une chambre d’humidification au moment où le papyrus devient souple. Les cassures et zones de fragilités des papyrus ont été renforcées à l’aide de petites bandelettes de papier japonais Gampi collées à la méthylcellulose 4% dans l’eau déminéralisée. Les papyrus ont ensuite été placés sous presse entre intissés et buvards.

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Aurélia Steri présente son travail à Catherine Chalaye (à droite), adjointe à la Mairie du Puy-en-Velay en charge de la Culture, et à Maud Leyoudec (à gauche), Conservatrice en chef du patrimoine et Directrice du musée Crozatier (propriétaire de l'un des papyrus).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mise en place d’un protocole de conservation pérenne

La restauration a permis de faire ressortir les écritures. La numérisation par infra-rouge a été confiée à Laurent Juillard, qui nous a permit d'obtenir une image de qualité optimale. Les fichiers numériques seront versés dans la Bibliothèque Virtuelle des Manuscrits Médiévaux, bibliothèque numérique gérée par l'IRHT (institut du CNRS), dans laquelle la bibliothèque du Puy est assez bien représentée !

Les manuscrits sont désormais conditionnés entre deux plaques de verre ce qui permettra dorénavant une consultation recto et verso et une conservation dans les meilleures conditions. Ils ont également été numérisés pour en limiter leur exposition physique et préserver ainsi ce patrimoine rare pour les générations futures.

Cet important travail de restauration a fait l’objet du soutien de la Région et de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes.